Stef dans les îles

05 août 2008

Welcome in OZ

J’arrive à Sydney 1 jour avant Marielle alors j’en profite pour commencer à regarder les vans d’occasion à vendre et j’en trouve 1 bien, le lendemain il était déjà vendu…
Nous squattons chez une amie de Marielle dans le chouette quartier de Bondi, entre la playa et le centre ville de Sydney, royal, sauf qu’il fait un peu trop froid à notre goût alors on est super motivé pour monter vite dans le nord, sous les tropiques !
En attendant on découvre Sydney et ses multiples baies qui sont remplies de bateaux en tous genres, surplombées par quelques jolies collines verdoyantes où se nichent de splendides villas. Au milieu de la plus grande baie, le fameux opéra un peu coquillage un peu ovni a vraiment la classe !
Sydney est entouré de quelques parcs nationaux magnifiques, notamment celui des « Blue Mountains » et le « Royal N.P. » au bord de la mer où nous avons fait 1 belle rando.
Au bout d’une semaine ça y est on est prêt à décoller avec notre super campervan Mazda E2000 « pop-top » (toit rétractable) acheté en cash après quelques galères avec les distributeurs de billets locaux ainsi que nos banques…

En route pour le Nord, à travers le bush !

Au volant de notre super van de la mort de l’espace, on s’enfonce dans le bush sur des routes totalement plates et rectilignes, de plus en plus désertes, bordées de superbes paysages de terre rouge et plein de kangourous morts. On est envahi par la sensation d’immensité et j’ai aussi une curieuse impression d’être en Afrique. La sensation de liberté est totale surtout qu’on trouve toujours un endroit sauvage où garer le van pour passer la nuit.

On nous avait dit : « oui… tout ça…tu peux faire Sydney-Cairns en 3 jours ». Nous on a mis plus d’1 semaine car on s’est arrêté en chemin à 2 endroits incroyables.
Quant on arrive à Lightning Ridge, c’est un peu la même sensation que la ville fantôme de Bodie (en Californie, pour ceux qui ont lu un peu mon blog) avec quelques chercheurs d’opales en plus. Ces espèces de pionniers à moitié sauvages, marginaux, fous et très courageux sont comme des survivants du temps de la Gold Rush australienne, ils travaillent dans des galeries souterraines et vivent dans des campements poussiéreux très sommaires, sous le caniar avec peu d’eau, en attendant de trouver le bon filon qui les sortira de la misère. Apparemment 95% de ces mineurs font faillite très vite !
Il y a aussi les pionniers vautours qui eux ne creusent pas mais fouillent dans les tas de roches sableuses extraites des mines souterraines et récupèrent les restes, c’est-à-dire les fragments d’opales oubliés…
Marielle étant complètement dingue de ces pierres, elle tente aussi sa chance sur le tas, puis on passe 3 jours à écumer toutes les boutiques. J’avoue avoir été moi-même totalement séduit et envoûté par la beauté et la diversité de ces pierres mêlant le bleu, vert ou rouge pour les plus précieuses.
On visite aussi une ancienne mine où un original sculpte et peint des œuvres murales dans les galeries de roche sableuse.
Le soir on apprécie de se décrasser sous les étoiles dans une source thermale libre d’accès à la sortie de la ville.

On poursuit notre route vers le Nord et notre prochaine étape est le Parc National  de Carnarvon paumé au milieu de nulle part.
Ce parc est une gorge verdoyante où coule une paisible rivière, l’attrait principal est une multitude de peintures aborigènes très anciennes qui sont disséminées le long des parois de la gorge. On y voit des mains style « grotte de Lascaux », des boomerangs, des traces d’émeu…
Nous passons la journée à découvrir ce parc à la faune et flore magnifiques : cacatoès, perruches colorées, cookaboura, martins-pêcheurs, kangourous et wallabies, forêts d’eucalyptus géants, palmiers et fougères arborescentes…
Sur le chemin du retour à la tombée de la nuit nous avons la chance d’observer un ornithorynque dans la rivière (espèce de loutre ovipare avec un bec de canard…) puis un combat de boxe de kangourous, totalement hilarant ☺
Même dans le Parc, nous trouvons un endroit isolé pour camper gratuitement dans notre van, c’est tellement bon la liberté !

Le lendemain nous rejoignons finalement la côte à Townsville un peu épuisés par les longs trajets et nous voilà dans la grosse ville avec plein de voitures, assez stressant après 1 semaine en brousse à croiser quasi personne. Nous dormons à « Saunders Beach » et heureusement le lendemain nous retrouvons le sourire devant notre 1ère étape plage qui est superbe, je ne résiste pas à nager un coup malgré la fraîcheur de l’eau. On remarque aussi notre 1er panneau « danger crocodile » qui vit dans l’estuaire juste à côté, à 100m de l’endroit où je me suis baigné…
On discute avec quelques personnes sur la plage et sur le campement, les gens ici ont l’air vraiment sympathiques et ouverts aux autres, cool !

On reprend la route et juste avant Cairns on s’arrête visiter le superbe site de « Boulders Creek » où nous commençons à découvrir la jungle tropicale australienne qui borde une rivière et d’énormes rochers plus ou moins sphériques, des « boulders » quoi. Nous apercevons notre 1er « Ulysse », grand papillon bleu électrique qui ne passe pas inaperçu.
Le soir discussions de campement avec nos sympathiques voisins de campervan : des kiwis, anglais, australiens…autour de quelques boutanches de vin local pas dégueu.

On atteint enfin Cairns qui nous rebute (sauf les magasins d’opale…) par son tourisme de masse adolescente fraîchement débarquée d’Angleterre…donc on continue notre irréductible remontée vers le Nord direction le « Daintree National Parc » et la fin de la route goudronnée quelque part dans la jungle autour du « Cape Tribulation ».
Juste au-dessus de Cairns nous passons quelques belles plages, dommage qu’elles soient juste au bord de la route…
A l’entrée du Daintree N.P., nous faisons halte à la « Mossman Gorge » qui ressemble un peu à « Boulder Creek » en bcp plus fréquenté. Nous faisons une visite intéressante : un tour en forêt avec un guide local de la Tribu aborigène des Yaya-Kalangi qui nous explique bcp de choses sur les traditions, le mode de vie, la pharmacopée naturelle de ses ancêtres.
J’en profite pour relater le triste constat de la condition Aborigènes : on peut dire très clairement dire qu’en 100 ans, la presque totalité de leur savoir millénaire est parti en poussière avec le quasi-génocide et l’assimilation forcée des Aborigènes. Au début du 20è s., toute une « lost generation » a été enlevée à leur famille pour être élevé dans des familles blanches ou des orphelinats de missionnaires. Les nouvelles générations n’ont pratiquement plus aucune connaissance de leur héritage passé, quel dommage car les Aborigènes ont réussi à vivre en harmonie avec leur environnement depuis 60 000 ans environ et ce jusqu’à l’arrivée des colons européens à la moitié du 19ème  siècle.

Le soir nous campons près de la rivière et nous tentons une petite marche de nuit dans la forêt qui bruisse de cris et stridulations de ses créatures nocturnes qui ne se laissent pas voir pour autant, hormis les yeux luisants des grenouilles arboricoles ou des écrevisses dans les ruisseaux…

Le lendemain, à peine entrés dans le gigantesque sanctuaire vert et sauvage du Parc National, nous embarquons sur la rivière « Daintree » pour apercevoir ses charmants habitants sous une averse tropicale : multiples oiseaux colorés, serpents verts inoffensifs et pythons améthyste, 1 petit crocodile marin mâle de 5m de long nageant paisiblement et aussi 1 gentille femelle de 3m seulement dormant sur la berge…
Alors ce n’est pas une légende, on peut effectivement se faire croquer si on se baigne chez eux ☹, c’est-à-dire dans beaucoup d’estuaires et rivières saumâtres du Nord de l’Australie (au-dessus de Brisbane quoi…)
On n’aurait pas dû faire cette sortie car Marielle a été traumatisée et n’a pu approcher aucun cours d’eau ou mangrove à moins de 30 mètres ☺…À l’inverse, pour ma part, je me suis évidemment approché de tout cours d’eau pouvant potentiellement abriter des poissons, mais je n’ai pas vu l’ombre d’une trace de croc durant tout le voyage, dommage…

On rentre dans le cœur du Parc après avoir passé la rivière, seules 200 familles vivent là toute l’année en bravant l’enfer de l’été à 100% d’humidité, les moustiques, sangsues, tiques, serpents mortels, méduses mortelles, crocodiles, etc…Heureusement pour nous c’est juste la fin de l’hiver !
On se pose enfin 3 jours au camping Koala au Cap Kimberley près de l’embouchure sauvage de la rivière Daintree.  L’endroit est tellement paumé que nous marchons des heures le long de l’immense plage sans voir aucun humain.
À marée basse, on hallucine en voyant les œuvres d’art laissées par les crabes qui en creusant leurs galeries évacuent à la surface des milliers de petites boulettes de sable qui font penser aux peintures pointillistes des aborigènes.
Nous passons nos soirées avec les jeunes qui gèrent le camping et le voisin bien sympa, Rhyce, qui attend sa prochaine mission à bord d’un cargo pétrolier.
Les jours suivants, nous découvrons le concept du « boardwalk » qui est comme un sentier dans la jungle mais sur un plancher surélevé, pour être sûr de ne pas trébucher ou pour ne pas abîmer les plantes (?!).
Dans le genre, le must est le « Daintree Discovery Center » où l’on apprend tout sur l’écosystème local en marchant sur des « boardwalk » aériens ou en montant dans une tour d’observation au-dessus de la canopée.
La forêt est hallucinante de variété dans les formes et couleurs, lianes grimpantes, orchidées et autres épiphytes, palmiers en tout genre, impressionnantes racines aériennes et rampantes des figuiers étrangleurs (d’arbres) et banyans, fleurs et fruits multicolores…
Par contre on ne voit pas bcp d’animaux si ce n’est les oiseaux qui sont bien tripants par leurs couleurs et leurs cris bizarroïdes, qui d’ailleurs nous réveillent en fanfare tous les matins dès le lever du jour.
On découvre quand même un nouveau panneau « attention : animaux », après celui du kangourou, wombat, crocodile, méduse, voilà celui du casoar, une espèce d’autruche avec un casque sur la tête et le cou tout bleu qui peut traverser la route à tout instant ! Apparemment il faut aussi s’en méfier si on le croise en forêt car le casoar peut être agressif voir même violent envers l’homme grâce à ses pattes aux gros ongles acérés…
Nous parcourons le parc jusqu’à Cape Tribulation où en cherchant un endroit pour dormir, nous atteignons finalement la limite accessible aux véhicules ordinaires car la piste finit par traverser une rivière infranchissable sans 4x4.
Le lendemain nous remontons un peu cette petite rivière entourée de jungle avec quelques trous propices à la baignade, on a l’impression d’être dans le jardin d’Eden !

Nous devons maintenant quitter ce paradis vert pour continuer l’aventure en redescendant vers le sud, direction Cairns à nouveau mais cette fois par l’intérieur, ça fait plaisir de revoir le bush et la terre rouge. On s’arrête en chemin visiter un sanctuaire ornithologique dans la réserve marécageuse de Mareeba puis au bord du lac Tinaroo pour arriver sur la grandiose route des cascades.
Cette route grandiose passe sur les crêtes de collines verdoyantes où paissent des vaches ou moutons, j’ai l’impression d’être revenu en Nouvelle-Zélande.
La dernière cascade est cachée au bout d’une magnifique randonnée, on en prend encore plein les yeux car la nature environnante est vraiment sauvage, le chemin est jonché de bouses fraîches de casoars et on croise même 2 grands serpents tout noirs.
Arrivés à la cascade on se baigne heureux comme des gamins sous 1 douche géante surpuissante.

Tout bien rafraichis, on repart dans la jungle pour finir la rando avec le soleil couchant qui offre des couleurs merveilleuses comme souvent en Australie !

On reprend la route et on s'endort sur le parking de mise à l'eau des bateaux de Mission Beach, un bon spot bien peinard. Le lendemain après un ti déj sur la plage bordée de cocotiers, on trace direction Airlie Beach où l'on veut s'embarquer sur une des fameuses îles paradisiaques des "Whitsundays". Juste avant d'arriver on s'arrête dormir dans un verger puis nous découvrons par hasard un des plus beaux spot de plage du voyage : "Dingo Beach" qui plus est, vide de touristes, pure moment de relaxation :) !

Nous choisissons ensuite de passer 3 jours isolés sur une plage de Hook Island réputé pour le snorkling. Nous ne sommes malheureusement pas complètement seuls dans ce petit paradis car avec un autre couple australien a eu la même idée mais comme ils étaient très sympatique on leur pardonne ! Les fonds sous marins sont hallucinants, surtout les coraux énormes et multicolores qui sont très bien préservés, sûrement parce que cet endroit est classé réserve marine depuis très longtemps. Nous explorons la petite forêt au dessus de la plage qui est sûrement enchantée car habitée par des centaines de papillons qui volent partout :).

Après cette merveilleuse expérience de Robinson Crusoe, nous arrivons à Hervey Bay, point d'embarquement pour l'île sauvage de Fraser mais surtout le meilleur endroit d'Australie pour observer les baleines à bosse qui se reposent dans la baie sur la route de leur migration vers le pôle sud.


















 






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